C’est lors d’un voyage à Vancouver que Jennifer, styliste, et François, photographiste, ont pour la première fois l’idée de créer un sac, inspiré de leurs voyages et de la vie quotidienneLignes épurées, cuirs souples et doux, doublures racontant les voyages, rapportées d’ici et d’ailleurs, les sacs Les beaux jours sont fabriqués en éditions ultra limitées tous les quatre mois en France, au gré de l’inspiration et des voyages. Rencontre avec ces deux fondateurs baroudeurs, talentueux et passionnés. 

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F.M : Jennifer, quel est votre parcours (à toi ainsi qu’à François) jusqu’à la création de votre marque de maroquinerie Les beaux jours ?

Je suis styliste, diplômée d’ESMOD en pap féminin mais j’ai travaillé immédiatement après dans le pap homme haut de gamme en particulier le costume. Cela a renforcé mon goût pour les belles matières, et m’a convaincue que l’élégance est dans la simplicité des lignes, dans les finitions, l’intemporalité. François lui est issu du design et a travaillé tout d’abord dans l’édition de produits à grande échelle, puis dans le graphisme et l’identité visuelle. A côté de cela il s’est passionné très vite pour la photographie. Cela ne nous suffisait pas, nous avions besoin de mener à bien un projet personnel, un projet qui ait du sens et des valeurs, qui serait l’expression de notre univers intime.

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F.M : Comment est né ce projet ?

Lors d’un séjour à Vancouver, nous avons été subjugués par la dualité des paysages de cette ville à la fois historique et moderne, branchée et nature. Nous parlions de quoi mettre dans sa valise quand on visite une ville comme ça et quel sac prendre si l’on ne devait en emporter qu’un. Et si nous le dessinions ? Un beau sac que l’on traînerait partout dans nos voyages, parce qu’il conviendrait pour tout et qu’on aimerait encore plus avec du vécu, usé et patiné. Nous avons tripé sur cette idée, et sur ce que représente le sac : objet pratique, objet mode mais aussi objet transitionnel, intime, contenant notre vie, nos précieux objets identitaires et quotidiens. On s’est dit alors qu’il ne fallait pas lâcher ça et quelques mois plus tard, nous lancions un premier prototype avec un artisan.

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F.M : Où chinez-vous les cuirs que vous utilisez pour créer vos sacs ?

Nous achetons nos cuirs à Paris ou directement dans les tanneries françaises. Les peaux viennent de France ou d’Italie. Nos doublures quant à elles proviennent de nos voyages: du Wax africain, bien connu, mais aussi du Bazin, un coton damassé, utilisé dans les tenues de soirées africaines et aussi dans le costume des Touaregs, que nous utilisons dans les cabas 12 Juillet. Nous avons aussi rapporté de Hong Kong un coton tie & dye artisanal que nous avons utilisé en turquoise et anis dans les baluchons 12 Février. Pour nos dernières séries, inspirées du Maroc, nous avons trouvé un superbe brocart berbère, chic et graphique.

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F.M : Peux tu nous en dire plus sur le processus de fabrication d’un sac à main ?

Nous partons en général d’une problématique, par exemple que faire de sa veste quand on a trop chaud, quel serait le sac idéal quand on est en transit des heures dans un aéroport, être élégante quand on se déplace à vélo, avoir les mains libres et tout à porter de main etc. Trouver une solution « technique » nous donne déjà une première idée de forme. Ensuite, nous travaillons le design, plutôt minimaliste, mais dans le détail. On fabrique un proto en tissu ou dans des chutes de cuir, pour pouvoir retravailler le gabarit et le porté qui est très important. Nous pensons que le sac n’est pas un accessoire mais au contraire fait partie du look. Nous choisissons nos coloris en fonction de nos envies du moment, et des doublures que nous souhaitons utiliser. Il faut savoir que chaque modèle, chaque coloris a sa propre doublure. Ensuite nous envoyons un dossier technique complet à l’artisan afin qu’il nous réalise un prototype. Certains modèles sont parfaits dès le premier proto, et d’autres comme le 21 Septembre ont été plus compliqués à mettre au point ! Une fois que le modèle est validé avec ses finitions, nous lançons la production en séries très limitées.

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F.M : Quelles qualités doit avoir le sac idéal ?

Le sac idéal est tout d’abord réalisé dans un beau cuir souple. Il est grand, léger, très pratique sans avoir un look de sac de randonnée ! C’est dans cette optique que nous avons conçu notre premier modèle nommé 12 Juillet. La forme cabas est pour moi la plus pratique car le contenu est facilement accessible. Nous y avons ajouté un concept de vide poches circulaire à l’intérieur afin de pouvoir s’organiser et laisser l’extérieur minimaliste. Avec le 21 Septembre nous sommes allés encore plus loin dans le concept. Il a été pensé pour permettre de porter facilement sa veste ou son manteau tout en la gardant accessible. Le compartiment principal est vaste et sécurisé par un zip, et pour les objets à garder à portée de main, il y a une poche à l’arrière (contre soi quand on porte le sac) et une poche cachée dans le fond du sac, idéale pour la carte de transport magnétique.

F.M : Quels sont les créateurs, designers qui t’inspirent le plus ?

J’ai tendance à aimer les créateurs qui ont un univers vraiment personnel, qui me racontent une histoire dans laquelle je crois me retrouver un peu. Etudiante en mode, j’ai flashé de suite sur Isabel Marant. Aujourd’hui j’aime chaque saison les voyages que nous raconte Alix Petit pour sa marque Heimstone. J’aime aussi beaucoup Maison Olga, pour les mailles sublimes, les influences folkloriques, ainsi que Roseanna, leurs matières incroyables et leurs mélanges d’imprimés associés à la simplicité des coupes. Plus architectural et minimaliste, j’aime beaucoup Acne.

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F.M : Où peut-on toucher, essayer, acheter votre collection Les Beaux Jours ?

Chez Monsieur Madame, un concept store homme femme génial à Bordeaux. Les filles qui l’ont créé ont aimé Les Beaux Jours et nous ont permis d’être distribués aux côtés de marques pointues comme Acne, Maison Olga, Surface To Air, Masscob. Nous sommes aussi sur le Bassin d’Arcachon chez Mounette à La Teste et Chez Ernest à Arcachon. Enfin nous participons régulièrement à des ventes éphémères, à Paris ou encore au Marché des Modes à Roubaix qui a lieu deux fois par an. Et bien sûr il y a l’eshop.

F.M : Le sac dont tu ne te sépareras jamais ?

Un sac Les Beaux Jours mais lequel ? Chaque modèle est à la fois pratique et intemporel. Depuis que nous avons commencé à faire des sacs, je n’ai jamais eu l’envie ni le besoin d’en acheter un ailleurs. Mission réussie donc de ce côté là car j’étais une dingue de sacs !

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F.M : 3 bonnes adresses de globe-trotteuse à faire dans le monde ?

Difficile à dire. Nos bons souvenirs de voyages portent plutôt sur des paysages, des moments : une longue balade au Farewell Spit en Nouvelle Zélande, une langue de sable sur la mer s’étirant en un désert, magique ! Un feu de camp sur une plage de Vancouver, en contemplant à la fois les buildings Downtown et les montagnes enneigées. Partir sur la route du Miel au Maroc, s’arrêter en chemin et manger un tajine à côté d’un laurier en fleur.

F.M : Quels sont tes projets à venir ? 

Jennifer : Continuer à voyager, en gardant grand ouverts les yeux pour l’inspiration, et le coeur pour les rencontres. Continuer mon activité de styliste photo en parallèle des Beaux Jours.

François : Préparer le prochain voyage… continuer à travailler sur ma série de photo Incognitos (exposée actuellement chez Monsieur Madame à Bordeaux) et travailler sur une prochaine série.

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A vous la parole :)

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