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Paris. A la fois historique et tendance. Une ville qui re-construit son rayonnement par contraste : entre patrimoine et nouvelles « places to be », entre ses grands magasins historiques narrés par Zola et autres concepts stores qui poussent comme des champignons, entre ses restaurants centenaires et ses nouveaux spots « fooding » tout aussi branchés que bondés…

Paris. A la fois immuable et mouvante. Une ville qui, comme beaucoup d’autres villes de notre vieille Europe, fonctionne à plusieurs vitesses, mixant tour à tour lieux qui transcendent les âges et nouveaux spots qui connaîtront un engouement aussi fulgurant qu’éphémère.

Paris. Mais aussi « la Parisienne », cette femme fantasmée qui mélange avec agilité des pièces intemporelles du dressing féminin (ce fameux « je ne sais quoi » envié par les étrangers) donnant du pep’s à une petite robe noire avec une paire de derbies Amélie Pichard (si tu connais pas vient parfaire ta culture modeuse en cliquant ici)

Paris donc. Et dans tout ce joyeux bordel urbain, ces artères oubliées, perdues entre histoire et nouveautés, en quête de nouveaux projets comme la Gaité Lyrique ou le Carreau du Temple. Une vérité tout aussi applicable à l’échelle d’un quartier.

Regardons de plus près le haut Marais : quadrillé d’un côté par l’emblématique PMU du coin de la rue « Le Progrès » et l’incontournable rue de Bretagne, dynamisé par ailleurs par la création de l’espace culturel la Gaité Lyrique et la réhabilitation du Carreaux du Temple quelques centaines de mètres plus loin. Nombreux sont les professionnels du marketing qui vous diront qu’être placé dans cette « zone de chalandise exceptionnelle » (expression grossière transformant les habitants en consommateurs soit disant névrosés par la recherche de nouvelles expériences à vivre) est un succès assuré. Pourtant, parmi toutes ces références, une rue : la rue du Vertbois. Cette rue pourtant coquette est une artère oubliée, désertée par les commerces et les cafés.

Réhabiliter cette zone de centre ville ? C’est le défi (un peu fou) que s’est lancé l’entrepreneur Cédric Naudo qui, ayant racheté 36 fonds de commerce (restaurants, bars, galeries et cinéma…) et engagé pas moins de 110 personnes, a créé le concept de la Jeune Rue. Pour insuffler une nouvelle aura à ce quartier, l’entrepreneur s’est donné deux mots d’ordre – traduisant à eux seuls les ambitions gustatives et culturelles du projet – réunir le BEAU et le BON sous un même toit.

Vous le savez certainement, le projet suscite aujourd’hui un vif débat… En effet, seulement deux restaurants, sur les 36 enseignes prévues au départ, ont vu le jour… Alors que Figaro titre « La Jeune Rue : un conte qui laisse sur sa faim », la team de Cheesy mag a voulu goûter plutôt que de juger. Car nous aimons ces initiatives émergentes qui continuent de construire notre chère Paris. Ainsi, nous avons testé les deux adresses ouvertes dans le quartier : Ibaji et Anahi (le restaurant Pan ayant lui, ouvert dans le 10ème). Voici notre retour d’expérience… :)

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IBAJI : restaurant Coréen, première boutique ouverte de la rue, concilie cette double promesse du bon et du beau avec une décoration imaginée par la designer Poala Navone.

Une petite salle toute en longueur et décorée avec goût, une atmosphère intimiste, une carte alléchante concoctée par Sukwon Yong… Le programme d’une soirée réjouissante en petit comité (23 couverts seulement). Les entrées, plutôt une bonne entrée en matière avec une galette coréenne aux calamars ou une soupe au tofu et au lard. Les plats, bons mais moins atypiques, comme les mini burgers au pulled pork ou au boeuf. Les desserts, notre coup de coeur gustatif, comme la glace au thé matcha ou les gaufres au sésame. Le tout arrosé d’un verre de vin ou d’un thé vert. Un menu en 3 parties juste comme il faut pour être rassasié (il n’en aurait pas fallu moins) et une addition plutôt douce (une trentaine d’euros par personne), qui classe ce restaurant dans la liste des jolies cantines du quartier. 

Ibaji – 13, rue du Vertbois – 75003, Paris

+33 1 42 71 67 81

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ANAHI : restaurant Argentin, une adresse qui pré-existait depuis 30 ans mais qui été rachetée et totalement reliftée par Maud Bury.

Un lieu feutré au décor soigné où l’on dine à la lueur des bougies (au risque de ne pas bien voir ce que l’on a dans l’assiette), un accueil chaleureux mais un service un poil guindé (sauf si vous aimez les serveurs endimanchés), une carte argentine prometteuse (à un détail près : les viandes sont toutes françaises) qui a transporté nos papilles…
En entrée, des empanadas au boeuf et aux épices (assurément une réussite) suivi d’un ceviche (pas très copieux mais bien assaisonné). Pour les plats, un Bife lomo de 250g (parfaitement cuit) ou des calamars frits et leur ragoût de légumes. Le tout arrosé d’une délicieuse bouteille de Cabernet Sauvignon Argentin. Une bonne adresse si l’on se cantonne à l’assiette et qu’on laisse de côté une addition un tantinet salée (pour les gourmands qui aiment à la fois trinquer et manger en quantité).

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Anahi – 49, rue Volta – 75003 Paris

+33 1 48 87 88 24

 

Un article co-écrit par Camille pour le préambule / Fanny pour les chroniques des deux restaurants. 

A vous la parole :)

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