Après quelques échanges de mails, le rendez vous est pris. Direction le Floréal à Goncourt, à deux pas des bureaux de Paulette. « Un cheeseburger et un coca light s’il vous plait. » Le dictaphone est enclanché. Rencontre avec Irène, fondatrice de Paulette, digital addict et amoureuse de la presse papier. Une entrepreneuse au tempérament bien trempé, libre, entière, passionnée.

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F.M : Irène, quel a été ton parcours jusqu’à la création du magazine Paulette ? 

J’ai fait un cursus art appliqués, avec une spécialisation en communication visuelle/graphisme/illustration/édition. Après une 1ere année en direction artistique, j’ai eu une opportunité de stage dans la pub où j’ai ensuite travaillé en tant que DA pour des clients luxe/cosmétiques… J’ai ensuite rejoint l’agence « Les gens de l’atelier » jusqu’en 2008 puis j’ai décidé de me mettre à mon compte pour monter mon projet.

F.M : A quoi ressemble ta « daily routine » en tant que directrice de publication ?

Directrice de la publication est ma responsabilité légale mais je suis avant tout la boss et manager de Paulette. Au quotidien, je gère 26 personnes qui font des choses aussi bien pour l’agence que pour le mag ou le site… Je pilote des shootings, la validation des artistes, la DA des shoots main dans la main avec les photographes, les contenus rédac… J’accompagne ma graphiste, mon illustratrice qui fait les couv’ à la main, on travaille vraiment en binôme pour que ce soit au top. Sur la partie agence, j’ai une casquette de directrice de création : management des artistes sur les projets d’agence, briefs, défense de la position artistique auprès du client… Et puis au quotidien, en tant que patron, je dois aussi manier les chiffres, faire des virements et des entretiens individuels, mettre en place de nouveaux process pour optimiser le travail en équipe, définir des stratégies d’investissements, valider les recrutements…

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F.M : Comment est né Paulette ? Quel a été le déclic ? 

L’envie de monter un projet, l’amour de la presse papier, je crois que je l’ai depuis le collège… Après plusieurs expériences pro, j’avais envie de monter ma boite, d’être mon propre patron avec les deux choses qui me plaisaient le plus : le digital et le papier. Les 6 premiers mois ont été intenses, changement de rythme, peur de ne pas savoir faire, il a fallu s’accrocher et s’entourer des bonnes personnes (Sofiane mon partner, Lisa une amie, et tout mon réseau artistique…). Tout à commencé à la chambre de commerce du 92 (car je vivais à Sèvres) pour aider les jeunes entrepreneurs, puis j’ai très vite eu le réflexe de créer une page Facebook Paulette pour rencontrer les gens qui avaient envie de partager le concept et l’identité du projet. Après une étude de marché en ligne sur la presse féminine et le lancement du site (qui a très vite marché) il a fallu chercher des fonds… Grâce au réseau Entreprendre, j’ai obtenu un prêt de 30 000€ à taux 0 pour financer des numéros pilotes. A l’époque, je me suis pris des grosses portes au nez, car personne ne comprenait ce que je faisais, l’intérêt que pouvait avoir le papier par rapport au digital… alors que dans le concept du media Paulette, l’un ne vas pas sans l’autre. Alors on a proposé à la communauté de lectrices de s’abonner. Si on atteignait les 5000 abonnés, on produisait le numéro, sinon on remboursait. En Octobre 2012, le papier sortait ! On était distribué dans des concepts stores, mais on avait beaucoup de mal à trouver des annonceurs pub pour financer le mag… Fin 2012, on a donc lancé une campagne de crowdfunding sur My Major Company pendant 2 mois : 25 000 exemplaires / 25000€ pour tester le mag en kiosque. Au final, on a récolté 35 000€ ! Début 2013, le magazine (le 8ème numéro) sortait en kiosque avec 0 promo, ça a été un gros succès… Aujourd’hui, le mag continue de sortir tous les 2 mois, avec toujours le même positionnement : pas de produits de luxe, pas de mannequin, mais beaucoup de créativité !

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F.M : Paulette revendique être le féminin « fait maison », qu’est ce que cela signifie ?

Paulette est une aventure artisanale, qui s’oppose à une industrie. Tout est très artisanal dans notre façon de gérer les choses : la dimension DIY très présente dans la ligne édito du magazine, avec des recettes, de la beauté, des DIY mode et déco… Le DIY est vraiment au cœur du projet depuis le début. Cela va de paire avec la notion de proximité avec les lectrices. Chez Paulette, tout le monde peut participer… il faut juste une belle plume !

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F.M : Quelles sont les étapes de conception/réalisation d’un numéro ? 

Après les présentations mode Automne-hiver et Printemps-Eté, Magali notre rédac mode débriefe sur les tendances mode à venir. Je mélange ensuite cela à mes inspirations culturelles et artistiques pour créer 3 moodboards qui donnent les thématiques des 3 numéros à venir. Je présente cela en conférence de rédaction puis on déroule toutes les rubriques du magazine. Tout le monde doit venir avec des sujets et des idées par rapport à ces sujets et on brainstorm (parfois pendant des heures…) sur tous les sujets qui peuvent être intéressants, puis on valide les idées qu’on va lancer en production (shooting, interviews, sujets rédigés, demande de visuels… )

F.M : La communauté Paulette, c’est des centaines de filles partout en France. Comment rejoindre la team ?

Il suffit d’aller sur le site, de se créer un compte et de proposer un article ou son book photo… 

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F.M : Le bleu est la couleur phare de votre (très beau) dernier numéro. Quel est ton coup de coeur ? 

Dans ce numéro, j’ai adoré toute la série de la couv’ avec notre graine de créateur AVOC qui est un énorme coup de cœur (c’est Magali, notre rédac mode qui nous l’a fait découvrir). Ce qui était intéressant dans ce numéro, c’est que c’était la première fois que l’on traitait la question du « minimal » (tendance que j’aime particulièrement mais qui est une tendance assez froide) et qui de fait, n’est pas forcément Paulette au 1er abord. Le vrai challenge a donc été de réussir à rendre le truc sympathique même si ce n’était pas un sujet sympathique ! Le challenge a été relevé partiellement mais c’était un numéro délicat car on faisait quelque chose qui était un peu moins l’identité Paulette.

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F.M : En parlant de bleu, quelle est ta prochaine destination de vacances ? Ce que tu emportes en voyage ? 

Les vacances, j’en prends peu mais j’espère pouvoir en prendre plus maintenant que tout commence à rouler… Ma prochaine destination est NYC, cadeau de ma meilleure amie pour mes 30 ans. Mon indispensable en vacances ? Mon téléphone ! Je ne peux pas m’empêcher d’être connectée tout le temps… et je suis une addict de Foursquare où j’enregistre tous mes bons plans (boutiques cools, friperies, restaurants tendances…) Sinon, j’aimerais aussi aller à Bali cette année, c’est une destination qui me fait vraiment rêver pour le côté « déconnexion », mais rien de concret encore !

F.M : Un endroit à Paris où l’on est sur de te croiser ?

Je fais beaucoup de déjeuners ici, au Floréal car c’est à côté du bureau… et sinon je sors dans plein d’endroits différents. J’aime beaucoup la scène artistique du palais de Tokyo ou du 104 pour mater les gens qui dansent… et puis les vides greniers ! Je suis fan de déco, j’adore la récup, j’adore l’idée de « faire ses meubles soi-même », avec mon mec on chine énormément.

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F.M : Un mot sur tes futurs projets ? 

Des projets intimement liés à Paulette car je sens que c’est un projet qui peut aller loin, il est sans limite et cross-support. A termes, peu être que je délèguerai de plus en plus la direction artistique pour me concentrer sur des projets additionnels notamment celui d’internationaliser le support et de développer de l’event à l’étranger. Côté perso, j’aimerais me tourner encore plus vers les jeunes, les femmes, leurs projets… et prolonger, enrichir le projet « Paulette For Rêveurs » que j’avais imaginé à l’occasion de notre anniversaire. 

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A vous la parole :)

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